- 20 avr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 mai
j’ai découvert ce livre quand j’étais très petite, à l’école primaire.
Lors d’un voyage en famille, on s’est arrêtés dans une aire de repos, et je suis entrée dans une petite librairie.
Là, j’ai pris une BD un peu au hasard.
C’était De quoi l’homme vit-il ? de Tolstoï.
À cet âge-là, je ne réfléchissais pas beaucoup, mais le titre m’a intriguée, alors je l’ai choisi.
Et comme c’était une BD avec des dessins, ça me paraissait plus simple et plus agréable à lire.
Ce livre m’a marquée à l’époque, sans que je sache vraiment pourquoi.
Il est resté quelque part dans ma tête, comme un livre que je devais relire un jour.
Je l’ai relu récemment, et j’ai senti que mon ressenti n’était plus le même.
Je pense que si mon regard et mon ressenti sur ce livre ont changé, c’est à cause de ce que j’ai vécu depuis, et aussi parce que j’ai commencé à aller à l’église.
Si j’ai commencé à y aller, c’est parce que j’ai senti que quelque chose en moi devenait de plus en plus dur. Je me souviens que quelqu’un m’avait dit que, dans une eau trop pure, les poissons ne peuvent pas vivre. Et dans ma vie professionnelle et mes relations humaines je crois que j’ai fini par comprendre ce que ça voulait dire. En même temps, de plus en plus, je ressentais beaucoup de haine, beaucoup de rejet en Corée comme en France.
Je devenais quelqu’un de plus fermé et froid, plus tranchant.
Et surtout, il y avait trop de choses que je n’aimais pas, ce qui m'a rendu malheureuse.
À un moment, je me suis même dit : et si j’essayais simplement d’aimer tout ce que je déteste ? Puis de faire le tri, petit à petit. Pas seulement les choses évidentes, comme le vol ou les crimes, mais aussi tout ce que moi, je rejetais à cause de mes propres critères, de mes jugements, de mes idées toutes faites à partir de mes expériences
J’ai vu des psychologues, j’ai pris des médicaments, mon entourage était là aussi. Ils ont essayé de m’aider. Mais au final, ça ne m’a pas vraiment aidée.
Alors je me suis dit que, en rentrant en Corée, j’essaierais d’aller à l’église avec ma tante.
Quand j’y suis allée, ce n’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais. J’aimais chanter, écouter les messages, ça me faisait du bien.
Mais les gens…je ne comprenais pas.
Pourquoi ils me traitaient comme si j’étais de la famille? Pourquoi ils faisaient autant pour moi ? Je me demandais pourquoi ils s’investissaient autant pour quelqu’un comme moi, juste une nouvelle parmi eux.
Et comme je ne crois pas vraiment à la pureté des gens, j’ai commencé à douter.
Je me demandais s’ils étaient les mêmes en privé et en public. S’ils étaient vraiment sincères. Ou s’il y avait quelque chose derrière tout ça. Petit à petit, leur gentillesse est devenue difficile à accepter. J’avais envie de prendre mes distances, de refuser leur aide.
Et sans vraiment m’en rendre compte, je m’éloignais.
Le livre pose trois questions :
Qu’y a-t-il dans l’homme ?
Qu’est-ce qui n’est pas donné à l’homme ?
De quoi l’homme vit-il ?
Les réponses sont simples.
Dans l’homme, il y a l’amour.
Ce qui n’est pas donné à l’homme, c’est de savoir ce dont il a réellement besoin.
Et l’homme ne vit pas uniquement pour lui-même, mais il vit par l’amour.
j’ai pensé que la part sombre de l’être humain - la trahison, l'orgueil, l'égoïsme etc, moi y compris, ne changeait pas vraiment. Alors, je n’arrivais pas à me pardonner, ni à pardonner aux autres. Et je trouvais cette vie vide de sens, au point de vouloir abandonner. Mais mourir n’était pas si simple. Il y avait tout le temps des personnes qui me retenaient, et qui espéraient que je n’abandonne pas la vie. Je me suis souvent demandé pourquoi les gens tenaient autant à ma vie, alors qu’elle ne leur appartenait même pas. Aujourd’hui, j’ai l’impression de commencer à voir ça autrement. Au fond, on est blessé par les autres, et pourtant, c'est encore par eux qu'on guérit.
Ce livre est sûrement religieux. Mais même sans parler de Dieu ou des anges,
il reste quelque chose. Une forme de vérité sur la manière dont les gens vivent.
Je ne suis pas quelqu’un qui rêve du paradis. Et les paroles de Dieu ne me touchent pas encore vraiment. Mais j’espère qu’un jour, je pourrai les intégrer, et les mettre en pratique, ces trois pratiques.
21/04/26 Mia