- 9 mai
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Dernière mise à jour : 11 mai
Ma mère est l’aînée d’une fratrie de quatre enfants.
Mes grands-parents sont des adultes nés en Corée dans une génération pauvre qui a passé la colonisation japonaise et la guerre.
Quand ma mère est née, ils n’avaient même pas le temps de souffler avec le travail. Mais, le deuxième enfant est arrivé presque tout de suite. Alors ma mère a passé presque toute son enfance chez sa grand-mère.
Elle a grandi dans un environnement relativement confortable, mais sans vraiment recevoir la présence de ses parents au quotidien.
À l’inverse, mon oncle a grandi auprès de ses parents, nourri par le lait de ma grand-mère. Pourtant, il disait parfois qu’il enviait sa grande sœur, élevée dans une maison aisée.
Puis le deuxième frère a commencé, lui aussi, à envier son grand frère. Il avait le sentiment que l’amour d’une mère n’était jamais vraiment égal.
Ma tante, la plus jeune, a grandi au milieu de tout ça. L’un se sentait blessé, l’autre jaloux, un autre encore se sentait seul. Et elle, très jeune déjà, essayait discrètement d’apaiser les tensions entre ses frères et sœurs.
Mais au fond… qui a vraiment essayé de comprendre ce que mes grands-parents avaient dans le cœur ?
Ils ont vécu pendant des années avec le manque d'amour de leur fille aînée. Ils ont aussi été profondément choqués par la cupidité autour de l’héritage de l’un de leurs fils.
Après le divorce d’un autre fils, ils se sont retrouvés à élever leurs petits-enfants entre les larmes et la fatigue. Puis, avec les études tardives de leur fille cadette, ils ont encore dû s’occuper d’autres petits-enfants comme de leurs propres enfants.
Est-ce qu’ils ont finalement réussi à trouver un peu de réconfort à travers leurs petits-enfants?
Moi aussi, quand j’étais plus jeune, j’en ai voulu à mes grands-parents en voyant les manques de ma mère.
Et mes cousins ont eux aussi grandi avec leurs propres peines, leurs jalousies, leurs sentiments d’abandon et leur tristesse.
Je crois que tout le monde, dans cette famille, a manqué d’amour à sa manière.
Même ceux qui essayaient d’en donner toute leur vie.
Et finalement, ce n’est qu’au 93e anniversaire de mon grand-père que nous nous sommes retrouvés tous ensemble, à parler doucement du passé, comme des enfants un peu fatigués
Avant de chercher qui avait le plus souffert, ou qui avait blessé les autres sans le vouloir, tout le monde essayait simplement de se comprendre l’un l’autre comme il pouvait, parce qu'au fond, on avait tous peur de finir par se perdre les uns les autres.
Au final, on finit peut-être par comprendre qu’une famille n’est pas précieuse parce qu’elle est parfaite, mais parce que malgré les regrets, les déceptions et les maladresses… personne ne part vraiment.
Peut-être que notre famille aussi est encore en train d’apprendre à devenir adulte.
— Mia