top of page
  • 21 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 avr.

Hier, j’ai eu une de ces journées où la colère m’a consumée.

Quand je m’énerve, ma respiration s’accélère, un feu se lève en moi et je n’arrive plus à rester tranquille. Avant, pour calmer ces impulsions, je faisais des choses extrêmes : couper mes cheveux d’un coup, casser un objet, déchirer un livre… Sur le moment, ça m’apaisait un peu, mais ensuite je regardais le désordre autour de moi, mon visage fatigué, et le regret tombait. Parfois même je finissais en larmes, un verre de soju à la main, avant de m’endormir. Pas vraiment une solution saine.


Avec le temps, j’ai donc cherché d’autres manières de laisser sortir ma colère. Pas parfaites, mais au moins moins destructrices. Voici quelques-uns de mes rituels :


1. Le papier maudit


Quand la rage monte, je prends une feuille blanche et j’y déverse tout : insultes, malédictions, mots crus, tout ce qui me traverse l’esprit. Je remplis chaque coin, comme si je voulais étrangler la page avec mes phrases. Puis je la déchire en mille morceaux. Le bruit sec du papier qui se casse me donne une impression de force. Et quand je lance les morceaux en l’air, c’est comme si mes mots disparaissaient avec eux. L’instant est libérateur, même si, je l’avoue, ramasser ensuite tous les confettis reste pénible.


2. Le dessin rouge


Parfois, les mots ne suffisent pas. Alors je dessine la silhouette de la personne qui m’a blessée. Je prends un stylo rouge et je trace, trait après trait. Chaque ligne devient un coup de colère figé sur le papier. Plus le visage disparaît sous mes marques, plus je sens ma fureur s’épuiser. Quand la feuille n’est plus qu’un amas de rouge, je m’arrête. Ce rituel m’apaise, mais il peut être dangereux : se concentrer trop sur l’image violente risque de l’ancrer encore plus dans la tête. Alors j’essaie de rester abstraite, de transformer le rouge en un symbole plutôt qu’en une scène trop réaliste.


3. La vengeance fictive


Il y a aussi l’écriture. Je m’installe avec mon carnet ou mon téléphone et je crée une histoire de revanche. Pas de filtre, pas de censure : j’imagine des scénarios où le « méchant » reçoit enfin sa punition. Ensuite, j’en parle avec mes amis. Et quand je révèle que ce personnage représente une vraie personne de ma vie, mes amis deviennent mes complices : ils insultent, ils rient, ils crachent leur colère pour moi. Dans ces moments-là, je me sens moins seule, comme si ma douleur était partagée et allégée.


4. La pluie purificatrice


Quand l’orage éclate à l’extérieur, je sors. Je reste debout sous la pluie, sans parapluie, et je ferme les yeux. L’eau froide me traverse de la tête aux pieds. Je me dis : « Que ça emporte tout. » Ma colère, ma haine, mes pensées noires. Il y a quelque chose de presque sacré dans ce face-à-face avec le ciel. Le seul problème, c’est qu’il faut ensuite vite courir à la maison, prendre une douche chaude et sécher mes cheveux pour éviter le rhume. Mais ce contraste entre l’eau glacée dehors et la chaleur retrouvée après, c’est aussi une façon de renaître.


5. Le dressing en folie


Un autre rituel : ouvrir l’armoire et sortir tout ce qu’elle contient. Robes, manteaux, foulards, sacs… je les étale partout, jusqu’à ce que ma chambre ressemble à un champ de bataille textile. Ensuite, je commence à essayer des tenues, à mélanger les couleurs, à réinventer des styles. Je joue, je fouille, j’associe. Et peu à peu, mon esprit se détourne de la colère pour se concentrer sur la matière, les tissus, la beauté des formes. Quand vient le moment de tout replier, c’est fatiguant, mais cette fatigue-là me soulage.

Ces rituels ne sont pas parfaits. Ils ne remplacent pas un bon sommeil, de la musique ou un repas réconfortant — ces choses-là ne marchent pas vraiment pour moi. Mais ils m’empêchent de me faire du mal. Et tant que je cherche, je garde espoir de trouver un jour une manière encore plus douce de transformer ma colère.



bottom of page